Arrêtons de chercher à nous vendre!

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Quand nous rencontrons quelqu’un, que ce soit dans un cadre professionnel ou privé, notre ego ne sait pas faire autrement que d’avoir peur que nous ne soyons pas assez bien perçu. Alors il se met à surjouer son rôle pour nous faire « gagner des points » dans la relation. Aussi, la plupart du temps nous entrons en relation en ayant la tête remplie de nous, nous et encore nous. Comme bien souvent nous rencontrons des personnes qui fonctionnent sur le même mode, nous voilà engagés dans un jeu de rôle entre deux ego qui cherchent à s’impressionner mutuellement. Finalement peu de vérités sortent de tels échanges. C’est cela le jeu de la séduction. Et ce jeu n’a pas uniquement lieu entre un homme et une femme qui cherchent à se plaire. Ce jeu de la séduction est courant dans chaque nouvelle rencontre, même professionnelles.

Quand on se connait mieux et que ce petit jeu continue, on rentre alors dans les jeux de pouvoir ou chacun cherche inconsciemment à se sentir gagnant. Bref, voilà le jeux des conflits et autres dépendances qui s’annonce.

Quand on souhaite sortir de tous ces jeux il vaut mieux adopter une autre tactique et arrêter de se vendre. Après tout, on est ce que l’on est, ni plus ni moins et celui ou celle qui n’est pas capable de s’en rendre compte n’est pas fait pour rester dans notre univers. De toute manière, chercher à le séduire n’est pas vraiment chercher à lui montrer qui on est. Alors on risque vite de se retrouver entouré de personnes qui ne nous connaissent pas vraiment et qui nous apprécient pour ce qu’ils croient connaitre de nous. Mauvaise idée!

Au lieu de se mettre en avant, il serait peut-être judicieux de laisser l’autre se montrer tel qu’il est. Au lieu de chercher à montrer notre bel esprit, il serait peut-être heureux de laisser l’autre exprimer qui il est. Plus on cherche à se montrer grand et fort, plus celui qui est en face de soi cherche instinctivement à se montrer à la hauteur, voir plus. Plus vous chercherez à obtenir quelque chose de l’autre, plus il cherchera à vous donner moins. Plus vous cherchez à montrer que vous êtes beau et exceptionnel, plus vous montrez à l’autre à quel point il est moche et faible par rapport à vous. Il ne vous laissera pas faire. Soit il se détournera, soit il se ralliera à votre cause parce que vous l’avez subjugué, mais il ne faudra pas vous étonner qu’il ne vous lâche plus. Il est devenu dépendant.

Pourquoi ne pas vous mettre à la place de l’autre quand vous le rencontrez? Après tout, vous avez envie de mieux le connaitre et de vous en faire un ami. Le mieux n’est-il pas d’enfiler ses chaussures pour mieux comprendre le chemin qu’il a fait jusqu’à maintenant pour arriver aujourd’hui dans votre réalité.
C’est un bon moyen de comprendre ce qu’il recherche chez vous et de quoi il pourrait avoir besoin. Au moins si vous ne vous sentez pas capable de répondre à ce besoin, vous pouvez vous éclipser sans dommages. Si vous sentez que vous pouvez lui apporter quelque chose de positif, alors vous avancerez dans la relation détendu et heureux de vous sentir bénéfique.

Arrêtons aussi d’employer des phrases toutes faites. Vous savez, les phrases que l’on sert à tout le monde sans plus même s’en apercevoir. Pourquoi ne pas essayer d’utiliser le langage de l’autre, d’écouter ses particularité, ses intonations, souligner ce qu’il dit et ce qui lui tient à coeur. Arrêtons de servir à l’autre des stéréotypes tout préparés pour enfin participer à un vrai échange qui pourrait avoir comme point de départ ce qu’on a réellement perçu et écouté dans ce qu’il a déjà dit, dans les attitudes physiques qu’il nous a montré jusque là. Parfois, repérer le manque d’assurance de quelqu’un et simplement lui dire, « oh, moi aussi je suis parfois un peu angoissée quand je rencontre quelqu’un pour la première fois! » peut libérer une conversation et l’orienter vers un beau moment de partage de deux personnes vraies, sans masque de pudeur ou de timidité.

Quand on souhaite sincèrement rencontrer l’autre, il me semble juste d’arrêter de focaliser son attention sur soi uniquement. « Je dois dire cela et pas cela… », « Il doit savoir que je fais ça…. », « je dois lui montrer comment je suis belle, ou intelligente…. », « Elle doit pouvoir comprendre que je suis quelqu’un de bien qui a réussi…. » sont des pensées qui recentrent en permanence notre attention sur nous-même au lieu de la laisser se poser sur l’autre que l’on cherche à rencontrer. Rencontrer réellement quelqu’un pour partager un moment amical ou professionnel avec lui nécessite à mon sens de focaliser nos intentions et nos pensées sur ce qu’on peut apporter à l’autre, sur ses besoins, ses rêves, ses doutes, et jamais sur la reconnaissance qu’il nous apportera, jamais sur l’argent qu’il pourrait nous donner, jamais sur ce qu’il nous donnera ou apportera, jamais sur nos envies à nous que l’on espère voir se réaliser grâce à l’autre.

Capter l’esprit de l’autre pour qu’il nous perçoive comme l’un des siens demande de s’ouvrir à l’autre pour en faire réellement la connaissance au lieu de vouloir lui planter dans le crâne notre argumentaire de vente personnel. C’est apprendre à connaitre de quoi il est particulièrement demandeur, quelles sont ses valeurs, qu’est-ce qui le distingue des autres, quel est son mode de communication favori, et qu’est-ce qu’il apprécie le plus concernant l’attitude au travail ou en amour, ou en amitié en fonction du cadre de la relation.

Et pour faire lâcher un peu notre cher ego qui a une trouille bleu que l’on passe pour un idiot aux yeux de l’autre, il nous faut avant chaque rencontre, nous accorder une indulgence pour nos défauts et nos manques de qualités.
« Je m’accepte tel (telle) que je suis et l’autre m’acceptera ou pas. C’est ainsi, je ne peux rien y changer. »  Il n’existe pas de professionnel parfait comme il n’existe pas de client idéal. Il n’existe pas d’amant ou d’ami idéal. Il existe juste des personnes qui peuvent nous correspondre ou pas. Il existe juste des personnes a qui on peut apporter quelque chose de positif ou non. Qui peuvent aussi nous faire du bien, ou pas.
Ne nous justifions plus ni pour nous-même ni devant qui que ce soit.

Lâchons l’inquiétude: le seul moyen de se débarrasser de l’inquiétude est d’accepter l’échec à l’avance.

Renonçons à notre désir d’être accepté(e), apprécié(e). Ce désir génère des potentiels excessifs qui génèrent des troubles et une attitude empruntée qui nous péjorent et ne nous rendent pas service. Toujours vouloir être validé par l’autre est le meilleur moyen de se faire harponner par un manipulateur toxique qui aura trouvé là une victime parfaite qui s’oubliera complètement pour être à son service.

Concentrons nous juste sur le processus de la rencontre et prenons simplement du plaisir au processus d’échange même si cela se passe dans le cadre d’un entretien commercial.

Accordons nous lors de toutes nos interactions avec les autres à l’énergie de la détente et du plaisir.

Marquons les buts du bonheur ! 

La recherche de sens est la priorité de beaucoup d’entre nous qui voulons placer le bien-être en bonne place dans notre vie. Alors nous faisons des listes d’objectifs de vie qui nous parlent, qui déclenchent en nous un désir ardent et profond. Nous listons nos buts et nous indiquons à côté pourquoi cela nous fait vibrer. Ensuite nous y pensons le plus souvent possible et nous nous plaçons dans le sentiment que nous les avons déjà atteint. Ceci est la pure expression de la loi d’attraction ! 

Parfait ! Mais est-ce que cela nous rend si heureux que ça? Je ne le crois pas car au fil de ma pratique d’écoute de mes patients je constate que c’est plus souvent générateur de profonde frustration et même parfois angoissant.

L’approche est pourtant juste pour attirer à soi le bonheur et le bien-être. Alors qu’est-ce qui coince ?

Non la vie n’est pas si injuste que ça! Pas plus que ne l’est une bonne mère responsable qui souhaite emmener ses enfants vers plus de maturité ! La vie ne cédera jamais aux caprices de l’immature émotionnel que nous savons être parfois ! Que veut l’immature émotionnel ? Il veut tout de suite qu’on lui donne la seule et unique chose qu’il pense être bonne pour lui, maintenant.

Indépendamment du fait qu’on ne peut pas savoir tout ce qui existe de meilleur pour nous, la vie sait très bien qu’associer ses buts de bonheur à une personne en particulier ou à une communauté bien précise est la porte ouverte à la déception et la frustration ! Laissons le champ ouvert à tous les possibles ! Nos buts doivent répondre à un pourquoi , pas à un comment ni grâce à qui! 


Si j’ai besoin de vivre plus d’amour dans ma vie pour me sentir mieux, je ne place pas mon intention dans « je veux que mon homme fasse ci ou ça » ou dans « je veux être amie avec untel. Je place mon but dans ma volonté de donner plus de sourire, d’attention, de tendresse à tous les gens qui m’entourent déjà ou que je rencontre maintenant. 

Si j’ai besoin de recevoir plus d’argent pour me sentir mieux , je ne place pas mon intention auprès de mon patron pour obtenir une augmentation de salaire ou dans mes clients pour leur faire payer plus. Je place mon but dans ma créativité afin de proposer de nouveaux services ou pour créer un nouveau flux financier, comme commencer à enseigner ce que je maîtrise ou proposer mes services d’une autre manière. 

Si j’ai besoin de me sentir en meilleure forme je ne place pas mon intention d’aller mieux auprès de mon médecin en attendant qu’il me donne la santé. Je place mon but dans une activité physique, des repas équilibrés,  un sommeil de qualité. Je m’efforce de boire beaucoup d’eau et je prends quelques compléments alimentaires. 

Question clé : mes buts dans la vie sont rattachés à qui? À moi-même ou à quelqu’un d’autre ? À quel moment je remets l’obtention de mon bien-être dans les mains de quelqu’un ou de quelque chose d’autre que moi?