Êtes-vous maître en votre royaume?

Un obstacle ? Une difficulté ? Un contre-temps ?

Si oui, je vous vois déjà vous arc-bouter à l’intérieur de vous-même pour résister, supporter ou lutter contre. Parfois même vous tremblez de rage ou vous êtes totalement paralysé par l’angoisse.

D’un seul coup votre monde se noircit. Tout semble difficile. Un panneau stop vient d’être déposé sur la route de votre quiétude.

A ce stade, les humains choisissent entre les trois options les plus usitées. Soit la lutte, le combat contre l’élément perturbateur. Soit la totale paralysie entraînant une glissade franche et massive dans un état de victime. Soit la fuite ou l’abandon définitif devant l’adversité.

Ces trois options nous sont imposées par notre cerveau archaïque entraîné depuis la nuit des temps à protéger l’humain que nous sommes. Ce cerveau profond, dédié à la survie de l’espèce nous condamne inconsciemment à réagir « contre » ce qui nous déplaît, contre ce qui nous fait peur, contre ce qui nous bouscule.

Se laisser réagir selon la loi de notre cerveau archaïque nous mène tout droit dans une immense dépense d’énergie. Une dépense prioritaire d’énergie physique quand nous partons en lutte. Une dépense prioritaire d’énergie mentale quand nous fuyons car les peurs questionnent. Une dépense prioritairement émotionnelle quand nous nous paralysons car tout se fige à l’intérieur de soi. Bref, cela donne le sentiment de se maintenir en vie, c’est à dire de garder la face, dans l’instant mais détruit à petit feu l’individu qui ancre ses peurs encore plus profondément en leur donnant du corps. D’autre part, cela contribue à limiter l’individu, à lui faire quitter le chemin de la réalisation de ses rêves profonds et lui fait perdre confiance en lui et en la vie.

Le cerveau archaïque devient le plus grand empêcheur de développement personnel et d’auto-réalisation de l’individu. C’est sûrement pour cela que ceux qui veulent renforcer leur pouvoir sur leurs paires mènent une politique basée sur la peur.

Laisser le cerveau archaïque gérer par lui-même nos obstacles, nos difficultés et nos contre-temps est à mon sens la plus grande erreur de l’humain. C’est lui laisser la place du maître dans notre vie et de facto nous reléguer dans un état d’assujettissement à ce qui se présente à nous. Nous devenons les pantomimes de notre vie, les jouets des situations bien souvent créées par d’autres. La vie perd du sens. Une vie sans sens est une vie déprimante.

Alors il reste les distractions stériles et passagères pour oublier les difficultés. On s’amuse à se faire tourner la tête. Les objectifs sincères de départ deviennent des chimères et quand les feux de la fêtes sont éteints, on pleure sa solitude, on s’apitoie sur soi et on accuse la terre entière des regrets que l’on a laissé s’installer au fond de soi.

Je déteste cette sensation d’être interdite d’amélioration, d’être privée de réussite, d’être freinée dans mon élan ou dans ma joie d’être. J’ai testé toutes les options. J’ai commencé par fuir. Mais la fuite oblige à recommencer de zéro, à recréer de toute pièce un autre chemin ailleurs. C’est épuisant et totalement non sécurisant. Au final, d’autres obstacles et d’autres nuisances finissent par nous rattraper. Fuir de nouveau s’avère impossible car l’énergie n’y est plus. Alors j’ai abandonné. Je me suis paralysée, renfermée sur moi et isolée au cœur d’une fortification émotionnelle digne de la solide carapace de nos plus belles tortues.

À ce stade, tout redevient calme en surface. Plus rien ne se passe. La vie n’apporte plus de gros obstacles ou de contre-temps pénibles. En fait dans ces moments, la vie n’apporte plus rien. Très vite, on se sent rongé de l’intérieur par une sensation de gâchis, et d’étroitesse. La vie est étriquée. Tout est réduit. Les relations, les joies, les découvertes, les expériences, les sensations, les possibilités, les enjeux. Tout est devenu petit. Plus rien n’est vibrant. Plus rien n’est enthousiasmant. Tout est pesant.

Pour sortir de ce marasme, il reste la lutte. La lutte contre soi-même surtout. Une lutte épuisante qui nous pousse toujours un peu plus à croire que nous ne sommes jamais à la hauteur et qu’il faut toujours plus donner de sa personne. Il faut se changer pour s’améliorer parce que pour combattre il faut arriver à se faire confiance, à se sentir fort, à être plein d’énergie et enseigné. Il faut se développer, acquérir du savoir et du savoir-faire pour affronter les autres, les affaires, le monde et les lois naturelles. Il faut savoir se discipliner, ne pas s’arrêter, continuer et continuer encore à poser des actions, à prendre des décisions.

Tiens donc? Prendre des décisions!

Et si, dès la rencontre du premier obstacle on décidait de décider ? Et si on décidait de prendre la main sur notre cerveau archaïque au lieu de nous laisser réagir selon son bon vouloir.

L’idée a germé en moi.

Le cerveau archaïque est informé de l’apparition des obstacles non pas par nos yeux mais via nos ressentis. Ce sont nos émotions, la peur en premier, qui déclenchent un fusible : l’amygdale cérébrale.

Cette minuscule petite chose est en capacité de nous préserver dans l’instant mais également de nous détruire sur le long terme. Sous l’émotion causée par l’adversité elle stoppe littéralement notre cerveau pensant, ce qui nous rend inapte à toute réflexion juste et laisse une autoroute bien dégagée au cerveau archaïque pour faire sa loi.

Pour sortir de cet enfer délétère, il existe une voie. Cette voie est simple mais pas toujours évidente à appliquer. Elle nécessite de l’entraînement mais elle change la vie.

À partir de ce jour, je décide de choisir mes émotions.

Si si. C’est tout à fait possible.

En utilisant une routine à émotions positives l’être humain entraîné a la capacité de créer en lui, sur commande, l’émotion ad hoc. La routine à émotions positives est en fait une succession de choses à faire d’urgence en cas de coup dur pour changer d’état émotionnel rapidement. C’est à chacun de trouver la sienne. Un parfum à respirer, un sport à pratiquer, des affirmations à lire, une vidéo spéciale à regarder.

J’ai appliqué. C’est bluffant de voir comment en stimulant son corps et ses sens, il est possible de modeler son mode émotionnel pour bluffer le cerveau archaïque et garder le focus sur ce que l’on souhaite réellement vivre, être ce que l’on a envie d’être.

Cette technique m’a permis de changer positivement ma vie de manière assez radicale. J’ai touché du doigt un sentiment nouveau de maîtrise. J’avais enfin le pouvoir de concrétiser certains rêves et de mettre un ordre heureux au sein de ma vie. Une certaine clarté a fait surface en moi. J’ai eu le sentiment très fort d’enfin sortir d’un long tunnel glauque et glacé.

Alors j’ai voulu plus. Heureuse de ce que j’avais déjà et beaucoup plus confiante en la vie et en moi, j’ai voulu accéder à mes rêves d’enfant.

Je n’avais pas mesuré l’ampleur du palier à franchir. J’ai continué à appliquer la même méthode avec enthousiasme et discipline. La stabilité émotionnelle comme priorité et la surveillance constante de mon niveau d’énergie physique pour maintenir cette stabilité me paraissaient être les deux piliers nécessaires à mon épanouissement.

Contre toute attente, la vie m’a mise face à des obstacles insidieux. Des difficultés de l’ordre de la loyauté, de la légitimité. Des choix cornéliens entre mon cœur et ma raison ont fait surface. Devoir choisir entre ce qu’il faut faire, ce que je dois faire, ce que j’aimerais être et mes doutes. Qu’est-ce qui est juste pour moi et pour les autres.

Alors j’ai recommencé à lutter. Non plus à lutter pour vivre mais à lutter pour ce qui me tient à cœur, pour mes valeurs.

C’était de nouveau épuisant, d’autant que pour maintenir une stabilité émotionnelle il est nécessaire de quotidiennement passer à l’action car seul agir dissipe la peur.

Plus je prenais à cœur et plus je ramais !

En revanche, les domaines qui, dans ma vie, n’avaient pas plus d’importance que ça se développaient à merveille. J’avais l’impression d’être un jardinier luttant pour la survie de ses plants de tomates en temps de sécheresse pendant que les mauvaises herbes continuent à proliférer !

Importance. Voilà le mot clé.

J’ai réalisé que plus les choses me tiennent à cœur et plus je leur donne de l’importance. Plus je leur donne de l’importance et plus je crée en moi des excès de tension. Plus je crée des excès de tension et plus je déséquilibre l’énergie autour de moi. L’univers tout entier déteste ça.

Un enfant qui braille dans un spa aura beau être mignon et rempli de joie de vivre, la totalité des clients sera contre lui et personne ne lui facilitera la vie.

J’étais pour l’univers le gamin qui braille dans le salon de relaxation.

Tout est question d’équilibre dans la vie. Si je place trop d’importance sur le plateau de la balance, il faudra un gros poids bien costaud posé sur l’autre plateau pour ramener l’équilibre. Prendre à cœur, sans recul mène à être confronté à des obstacles paraissant insurmontables et au sentiment d’être en permanence face à des difficultés.

Alors j’ai lâché l’importance. Je n’ai pas lâché le désir ardent d’être ce que j’ai envie d’être. J’ai juste lâché l’aspect dramatique et pesant de l’enjeu. L’enjeu est devenu un jeu. La vie n’est peut-être finalement qu’une sorte de jeu?

Le jeu est parfois cruel mais lâcher l’importance le rend supportable.

À force de pratique, une sorte d’insouciance au cœur de l’effort s’installe. L’amygdale cérébrale reste paisible, le cerveau archaïque cesse sa tyrannie pour de bon. Le jeu amène la joie même en cas de défaite car la partie suivante n’en sera que plus gaie. Le corps jubile car il a la paix. Personne ne lui impose la crispation causée par la décharge d’adrénaline que le cerveau archaïque s’emploie à déclencher pour préparer les muscles au combat, à la fuite ou à la paralysie.

Ainsi, votre vie va mieux car vous êtes devenu le maître de votre royaume intérieur. Les autres en profitent également. Tout le monde est content.

Essayez…

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