Genèse d’une vie moche et dangereuse.

Un grand esprit, fait de pure énergie et promis à un avenir serein vivait une vie riche d’amour et de valeurs fortes. Tout était grandiose autour de lui. Les sons, les couleurs, les formes et les parfums dans lesquels il était baigné le comblaient plus que tout. Il vivait en harmonie avec d’autres esprits qui comme lui se sentaient connectés au cœur des choses. Leur vie avait du sens. Le sens qu’ils souhaitaient percevoir. Le sens de ce qu’ils aimaient.

Un jour de pur bonheur, comme tous les jours écoulés jusque-là, un ami vint le visiter. Cet ami n’eut juste que quelques mots à prononcer pour qu’une cascade d’émotions désagréables remplisse son monde si doux. Ces mots sont « il est l’heure ».

Notre grand esprit le savait que ce temps viendrait. Même s’il est fier d’avoir été choisi pour ce qui dans le monde des esprits est une opportunité rêvée, lui n’a pas envie d’entreprendre ce voyage. Ça lui paraît être tellement peu en accord avec le ressenti de paix qui l’habite depuis qu’il est rentré de son dernier voyage.

Il garde encore des mémoires douloureuses de ce sentiment d’être étriqué, incompris, rejeté, et totalement ignoré. Pouah… la galère va recommencer.

Il n’a pourtant pas le choix. Il doit y aller. Il traîne, tourne en rond, prends son temps. Son ami le soutien et l’invite doucement à se préparer. Il s’avance lentement, tout lentement vers l’aire de départ. L’aire de préparation à l’incarnation. Le plan de route de son nouveau voyage est prêt depuis longtemps déjà. En année humaine cela fait 10 ans qu’il est attendu. Dans le monde des esprits il n’a traîné que quelques heures….

Après on s’étonne de pourquoi un enfant met tant de temps à arriver ! Il faut croire qu’il n’avait pas très envie. Ça n’a rien à voir avec les parents. Ça n’a rien à voir avec l’époque. Et finalement tout cela fait déjà partie du plan.

Bref, voilà notre esprit en route. Le temps de la conception a été bien long. Mais une fois en route, le temps de la fécondation et de l’incarnation ne présente pour lui aucun problème particulier.

Sauf que vu le temps qu’il a mis à se présenter sur l’aire de départ, la maman a déjà sérieusement modifié ses plans à elle. Pas d’enfant et une vie adaptée à cela. Donc quand maman apprend qu’elle est enceinte, l’accueil n’est pas des plus chaleureux ! Notre esprit déjà convaincu qu’il entre dans une galère n’est pas surpris par l’accueil peu enthousiaste et garde vissée au fond de lui la certitude que ça va être compliqué.

Alors il s’incarne tout en se gardant de donner la totalité de lui-même. Il donne le strict nécessaire pour que ça fonctionne. Pour lui, la matière c’est grossier et inerte. On y est mal à l’aise. C’est totalement impossible d’y créer quoi que ce soit et il va falloir subir cela un bout de temps.

Le voilà fin prêt pour subir une existence avec une structure émotionnelle de défense de type évitante qui lui fera considérer son corps et les autres comme des dangers publics. Il ne peut pour s’en sortir que se condamner à vivre « perché » loin du monde réel. Un spectateur sur le bord de sa route de vie qui considère le concret comme une idiotie et les grandes idées comme juste bonnes à être pensées, jamais expérimentées. D’ailleurs il a en stock un paquet d’excuses pour justifier son incapacité à réaliser ses rêves dans ce monde si hostile.

Pour peu que pendant sa gestation, sa mère vive un événement qui lui procure de la peur, notre esprit, « bébé en devenir », s’imprègnera des substances chimiques de la peur qui remplissent le liquide amniotique. Il sera donc non seulement persuadé que la vie est moche, mais en plus dangereuse. Il construira son avenir sur ce fond d’angoisse existentielle qui sera le terreau de son mental affolé qui, lui, a pour mission d’assurer coûte que coûte la survie de l’humain qu’il sera.

Et voilà notre esprit embourbé dans une histoire compliquée, où règne l’insécurité et les échecs à répétition. Il naît ainsi. La vie lui servira la totalité de ce qu’il est, c’est à dire le reflet très concret de ce qu’il croit. Complexité, insécurité, incapacité à concrétiser, rejet et négation de l’humain qu’il est. Bref une vie assez moche et difficile. Il peut s’y laisser détruire en restant une éternelle victime. Pour s’en sortir il peut aussi développer ses qualités de guerrier ce qui le rendra par la force des choses sélectif, structuré, hautement discipliné mais froid et distant. Difficilement abordable au cœur de son être, à peine supportable dans sa périphérie. Son succès durement acquis restera une source d’inquiétude car tout pourrait s’effondrer à chaque instant. Bref il s’épuise.

Jusqu’à ce qu’il en ait plus que marre de cette vie sans chaleur et sans bienveillance envers lui. Alors il cherche pourquoi. Il développe ses talents, ses valeurs, sa richesse intérieure mais rien n’y fait. Sa vie s’adoucit en superficie mais son cœur reste immergé dans la solitude et la froideur de la vie qu’il perçoit au fond de lui. Il a appris au cours de ses lectures et autres prises de conscience que ce qu’il vit n’est que le reflet de ce qu’il est. Mais il reste dans l’incompréhension car il a développé en lui tellement d’amour, tellement de gratitude envers cette humanité qu’il a appris à aimer et qu’il souhaite aider. Pourquoi rien ne semble évoluer ? L’ennui et la lassitude le guettent.

Alors son mental dédié à sa survie est au bord de l’asphyxie. Ses émotions qu’il a contenu tel un valeureux guerrier ne peuvent qu’exploser. Son corps est au bord de la rupture malgré tous les efforts qu’il fait pour le maintenir à flot.

Faut il encore creuser pour comprendre?

Non. Il est temps d’écouter, d’abandonner et de tout lâcher. La guerre contre la vie doit cesser. Il est temps d’accepter ce qui est tel que c’est. Franck Lopvet, clairvoyant reconnu, exprime à merveille dans son livre « l’homme debout », ce temps d’armistice, en nous invitant à prendre pour maxime « Je suis heureux d’être moi » et il invite les débutants à rajouter « et je vous emmerde. »

Essayez! Ça ouvre les portes de nombreuses zones non conscientes.

C’est là que « l’informaticien en chef de l’humain en galère » peut sortir de sa réserve et trouver le bug qui pourrit le système. Franck Lopvet parle de clés vibratoires que la vie nous donne quand on arrête de vouloir avoir raison et de garder le contrôle.

Une première clé peut permettre à notre cher esprit cité ci-dessus de comprendre que le ressenti de peur de maman pendant la gestation n’appartient qu’à maman. C’est elle qui a eu peur et qui a interprété la situation comme digne de peur. Bébé en devenir n’avait aucune raison d’être concerné sauf si il se laissait influencer. Le seul moyen de ne pas être influencé ou manipulé est d’avoir une autorité sur soi-même. C’est à dire d’être pleinement incarné, et rempli de soi. Quand l’esprit n’a pas envie d’être là c’est compliqué d’y arriver. Cette manipulation émotionnelle effective crée un précédent qui pourra expliquer pourquoi ce bébé devenu grand sera en permanence confronté et séduit par des manipulateurs en tout genre. L’empreinte de l’emprise émotionnelle se marque là.

Première leçon, je suis ce que je ressens. Et finalement rien ne m’oblige à ressentir la même chose que les autres et ce qui semble normal et usuel de ressentir. Je peux même en conscience décider de ce que j’ai envie de ressentir et donc de comment je vais vivre telle ou telle situation. Je peux également ressentir une émotion sans justification situationnelle. La vie n’est finalement peut-être pas si dangereuse que ça. C’est juste une perception mal placée d’une expérience malheureuse qui n’est en fait pas représentative de tout le reste. Mais pour bébé, à ce moment là, ça à pris la couleur d’une généralité.

Une seconde clé pourrait être la compréhension au fur et à mesure que la vie se déroule que le vivant est une intelligence pure. Quand on s’intéresse aux algorithmes du vivant, quand on prend le temps de comprendre la perfection mathématique de la création, les prouesses techniques et technologiques du corps humain, du moindre brin d’herbe ou de la cohérence planétaire, on tombe à la renverse devant tant d’intelligence au nanomètre carré ! Sans aller si loin, un simple regard sur l’éclosion d’une fleur ou la réparation d’une plaie nous fait prendre conscience de la magnificence du vivant, de l’organisation de la matière.

Et quoi? Voilà que cet esprit si grand et si peu confiant réalise enfin qu’il a une chance indescriptible non pas de s’incarner dans la crotte immonde qu’il croyait être la matière mais au cœur d’une intelligence indicible ! Il réalise qu’au cours de sa gestation de « bébé en cours » au lieu de subir cette matière mal perçue il peut s’immiscer au cœur de la plus grande intelligence qui soit sur cette terre, faire l’amour avec ( y adhérer pleinement et la faire vivre de l’intention qu’il est) et la toucher au cœur. WoW! La vie est belle finalement ! Non? C’est génial d’être là et de pouvoir expérimenter le vivant !

Deuxième leçon, au moment de l’incarnation l’intelligence du vivant fait le don à l’esprit de tout ce qu’elle est et lui remet le total pouvoir de l’animer par l’entièreté de ce qu’il est! Si ce n’est pas le grand amour ça, qu’est-ce que c’est? Tout est donc possible pour l’esprit qui accepte le cadeau et l’amour de l’intelligence de la matière en étant ce qu’il a envie d’être sans tenir compte de ce qu’on lui a fait croire qu’il devrait être.

Alors on corrige le bug. On remplace la peur existentielle par l’amour. On vit la vie qu’on a envie de vivre en choisissant ce qu’on a envie d’être. That’s it!

Aucune erreur possible car tout est de la vie. La seule erreur est de croire que le bug est vrai et que la vie se subit.

La vie n’est que le reflet de ce que mon esprit pense être et de mes croyances sur moi. Si dès le départ mon esprit est persuadé qu’être un humain est une épreuve, alors cela le sera. Quelque soit le travail de développement personnel que j’aurais fait pour essayer de me sortir de ça.

L’humain que je suis est à la fois un bijou d’intelligence et un énorme paquet d’idioties. C’est ainsi qu’est l’humain et personne n’y changera rien. Autant apprendre à s’aimer ainsi.

Si je n’aime pas ce que je vis, il me faut accepter d’en être le créateur inconscient. La matière a dédié à mon esprit toutes ses caractéristiques qu’il doit maintenant lui-même animer par ses propres intentions. C’est le privilège et la joie d’être un être humain. En bref, cela revient à vivre ce qu’il y a à vivre en posant clairement l’intention de ce que l’on a envie d’être. Je décide maintenant de « qui j’ai envie d’être » et je crois sincèrement que je le suis déjà, tout en balayant mon territoire intérieur de ce que je ne comprends pas et ne comprendrais sûrement jamais par « je suis heureux d’être moi ».

Et vous? Qui avez-vous envie d’être ? Ce sont les situations qui vous définissent ou vous qui décidez de ressentir la vie telle que vous avez envie de la vivre?

2 réflexions sur “Genèse d’une vie moche et dangereuse.

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